« J’ai toujours été intéressé par la politique mais il a fallu la double menace d’un nouveau quinquennat Macron et de la victoire de l’extrême droite pour que je me décide à m’engager » raconte Quentin. Sa bascule dans le militantisme s’est opérée en février dernier, alors que les sondages pronostiquaient un duel serré entre le Président sortant et la leader RN. Il croise alors Nadia Missaoui qui lui permet de prendre toute sa place dans la campagne de Jean Luc Mélenchon et ses 22%.

Jusqu’alors Quentin n’a jamais eu de carte. Certes son père était engagé, mais au PS puis plus tard à droite « Il ne m’a pas convaincu. Cependant nos divergences m’ont obligé à argumenter pour pouvoir lui tenir tête dans nos débats » souligne-t-il. Au fil des années et des réformes, il s’est forgé des convictions dans les mobilisations sociales « J’ai à cœur l’environnement, le droit du travail et les services publics » énumère-t-il.  Et c’est vrai qu’à l’écouter parler de lui, on perçoit vite que la lutte sociale est rivée jusque dans son parcours professionnel. D’abord libraire à la FNAC le nocéen en a vite assez « d’enrichir des gens qui l’étaient déjà assez. » Il se tourne alors vers l’Education nationale en devenant prof d’histoire géographie.

Quand il évoque son métier, le jeune trentenaire parle de « mission. » Dans la bouche d’un autre, le mot semblerait suranné, pas dans la sienne car il parle de l’impératif de renforcer l’accès à la connaissance ; plutôt rassurant au moment où certains ne spéculent plus que sur le temps disponible de cerveau humain. Mandela ne disait-il pas que l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ? Cependant ces cinq dernières années avec Jean Michel Blanquer et son libéralisme autoritaire, Quentin a d’abord été confronté à la casse du service public de l’école, la mise à mal du statut des enseignants, la marchandisation de pans entiers de l’éducation… D’où l’urgence d’en finir avec ces choix destructeurs !

Rejoignant la LFI, il est entré en campagne. « J’ai d’abord participé aux initiatives organisées par Nadia. Incontestablement c’est elle qui m’a boosté. » se souvient-il avant de poursuivre « petit à petit, j’ai commencé moi-même à organiser certaines actions. » L’équipe est dynamique, le dialogue facile. L’arrivée de Thomas Portes pour les législatives ne fait que renforcer encore la cohésion du groupe. « Je le suivais sur les réseaux sociaux depuis les grèves cheminotes. Je trouve qu’il incarne bien ce qu’on est en train de construire à gauche. »

Quand on demande au jeune prof ce qu’il attend au bout des élections, il répond spontanément « La victoire, bien sûr. » puis ajoute aussitôt « Il faut redonner confiance aux gens. La résignation scelle les pires défaites. Notre groupe doit fonctionner au-delà de juin dans la ville comme dans la circo. » Pour lui la victoire électorale doit donner lieu à une vraie victoire populaire.

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