Les visages de la circonscription – Nadia Missaoui

« Avec Thomas Portes, on se complète et on se respecte »

 Nadia Missaoui est la suppléante de Thomas Portes sur la circonscription Noisy-le-Grand, Gournay-sur-Marne, Neuilly-sur-Marne et Neuilly-Plaisance. Cette infirmière de Secteur Psy de Maison blanche, retraitée, aujourd’hui toujours en activité en tant que Auxiliaire de vie, a la révolte chevillée au cœur.


Syndicaliste, gilet jaune, co-animatrice du groupe Insoumis 93.3, elle compte bien porter jusqu’au Parlement les combats qui la mobilisent. A commencer par l’égalité d’accès à la santé…

 

« Je suis très contente de ce qui passe aujourd’hui. » Si parfois Nadia a regardé l’avenir avec l’angoisse du lendemain, elle a repris espoir depuis le 10 avril et a même accepté d’être la suppléante de Thomas Portes sur la 3ème circonscription de Seine-Saint-Denis. Cela n’allait pas de soi pour cette femme rétive à l’idée de s’engager dans un parti. Mais explique-t-elle, « Avec Thomas, on se complète et on se respecte. » Elle est persuadée, qu’à eux deux, ils constituent le meilleur binôme pour « sortir » le marcheur Patrice Anato et hisser l’urgence sociale et écologique comme priorités
territoriales.

La santé d’abord.

Parmi les batailles menées par Nadia, celle pour la santé reste prioritaire.  Tour à tour fille de
salle à Sauveterre de Béarn, aide-soignante à Bayonne puis infirmière à Maison blanche, elle y a consacré sa vie… Soient 44 années dans la fonction publique hospitalière ! Quand en 2015 la nocéenne prend sa retraite, elle est bien décidée à se consacrer totalement à l’autre de ses passions : la peinture. Mais au bout de deux ans c’est la douche froide : sa retraite ne lui permet plus de
vivre. « Les primes qui m’avaient assuré des revenus corrects ne sont pas prises en compte dans le calcul de ma pension. » Bref pour Nadia à 63 ans c’est retour case travail et l’obligation de repartir sur « un terrain qu’elle ne voulait plus connaître ». Ne pouvant pas reprendre son métier d’infirmière dans le public, elle se retourne vers la profession d’auxiliaire de vie pour le groupe privé Nouvel horizon.

Debout les femmes !

« Je me rends alors compte à quel point cette activité est dure. ». Ce n’est pas Orpéa mais ça y ressemble tellement. Elle évoque un secteur où les logiques financières ont pris le dessus sur le bien-être des bénéficiaires, des collègues forcées d’exercer 4 à 5 métiers en un : ménagères des corps, femmes de ménage, préposées aux courses, à la lessive, cuisinières et bien sûr confidentes car souvent l’ultime lien au monde des femmes et hommes qu’elles ont à charge. Mais comment être à l’écoute quand soi-même, on reste invisible pour sa hiérarchie, qu’on est payé au lance pierre, précaire et méprisé ? « Ruffin m’a aidée avec Debout les femmes, tu sais… » confie Nadia qui a trouvé dans son film la bouffée d’oxygène dont elle avait tant besoin…

Et après ? La lutte toujours. Syndicale de nouveau pour arracher la prise en charge des repas de ses collègues à temps plein qui avalent les km entre Montreuil, Gagny et Neuilly-sur-Marne et ne touchent rien pour s’offrir un casse-croute. Politique avec Thomas aussi parce qu’il est temps de statuer – et pas façon Macron – sur ces retraités pauvres obligés de retourner trimer quand ils devraient avoir le droit de perdre du temps. Parce qu’il faut en finir avec la Tarification à l’activité et la privatisation de l’hôpital…

Nadia tient encore à mentionner son combat pour les transports en commun. L’égalité de droits passe par le désenclavement des quartiers ; « pourtant la ligne 11 n’arrive toujours pas jusqu’à Neuilly, les manques d’infrastructures sont criants pour rejoindre le nouveau site de l’hôpital
de Maison blanche ».

 

Le 19 juin avec Thomas l’auxiliaire de vie rentrera peut-être dans les longs couloirs de l’Assemblée nationale. Avec eux, la lutte pour la justice aura une voix de plus dans l’hémicycle.

Laisser un commentaire